Moment intime

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clement
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Moment intime

Message par clement » mar. 27 mai 2008 21:02

Un homme C et une femme S, debout, l'un en face de l'autre, dans une ville, dans un lieu d'habitude assez fréquenté* mais à une heure matinale où il n'y avait personne.

C : Dis moi ...
S : oui ?
C : Tu me trouve bizarre ?
S : Non
C : Vraiment, je veux que tu me répondre très sincèrement
S : Non, non (étonnement)
C : alors c'est que tu ne me connais pas
S : (étonnement)
C : je n'ai pas envie que tu me connaisse, je préfère changer, j'ai trop peur que tu ne m'aimes plus si je me comporte spontanément.
(les regards se croisent)
(...)
C: je crois que je ferrais mieux de partir maintenant
S : attends !
C : Oui ? (lueur d'espoir)
S : (...)
C : j'avais peur de te faire part de ceci, et je crois que maintenant je sais pourquoi, en fait, je crois que je l'ai su au moment même où j'ai commencé.
S : tu sais ... je crois que tu devrais savoir quelque chose
C : oui ?
S : On ne risque de se croiser de nouveau que 3 fois, maximum, après, nous seront séparés, je ne crois pas que ce soit une bonne idée
C : (...)
S : Tu ne penses pas ça toi aussi ?
C : (l'air de dire non)
S : je crois que c'est à moi de partir maintenant
C : reste ! Que je te prenne une fois dans mes bras, sans qu'il y ai besoin d'excuse pour que cela se produise.
S : je ne sais pas trop, je crois que c'est une situation trop étrange, enfin, tu vois ...
C : je sais, finalement, à quoi bon, c'était vouer à l'échec
C : Mais ne penses-tu pas que ... profitons de ce premier et dernier moment d'intimider, tu sais aussi bien que moi que ça ne va plus se reproduire.
S : ce n'est pas le premier
C : comment ?
S : oui, et c'est pour ça peut-être que ...
C : n'en dit pas plus, j'étais persuadé que toi aussi tu avais ressenti ça, pourquoi suis-je parti à ce moment, j'avais tant envie de me retourner ensuite, de te prendre le bras et ... de t'embrasser.
S : peut-être n'est-il pas trop tard
C : non, je préfère ne pas te faire souffrir, à chaque fois c'est pareil, je ne t'ai jamais raconté justement pour ne pas tout gâcher
S : je ne comprends pas
C : moi non plus

et c'est une larme à l'oeil qu'il se retourna, il avait besoin de tout son courage pour mettre un pas devant l'autre,
un pas,
deux pas,
la larme coulait maintenant le long de sa joue,
trois pas,
et encore un autre, il continua ainsi espérant une chose, il savait pertinemment que son désir ne serait pas réaliser. Il commença à trembler, mais il fallait continuer à marcher.


*Par exemple la route dans la Doua qui longe la piste cyclable vers le bâtiment Ariane et vers les cours de tennis.

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