14-18 le massacre

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nono
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14-18 le massacre

Message par nono » mar. 24 janv. 2006 20:18

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17 novembre 1915
Mon amour,
Le froid a envahit les tranchées. Le pain que me donne le sergent est constamment gelé je suis obligé de le réchauffer pendant des heures entre mes mains pour pouvoir le manger. Ce n’est pas facile car nous attaquons en moyenne trois fois par jour. Mais les gants que tu m’a envoyé me servent vraiment, grâce à eux je peux limiter les engelures qui fleurissent sur mes doigts chaque jour. Je n’ai plus de nouvelle de toi depuis fort longtemps, m’aurais-tu oublié ? Je ne pense pas, j’aimerais tellement savoir si je suis père quand le tocsin a sonné je t’ai laisser enceinte et depuis je ne sais rien…
Je nourris l’espoir de venir te voir très bientôt…
Du fond du cœur mon amour, je t’embrasse et t’envois mon amour par cette lettre.
Ton rené

25 novembre 1915
Ma tendre,
Aujourd’hui nous avons tenté de prendre la tranchée des boches, ordre du général. Le lieutenant était furax cela fait six fois en quatre jours que nous risquons notre vie en traversant le no man’s land. Les pertes de cette attaque ce chiffre à trente soldats. Marcel était d’eux. Notre artillerie avait pourtant pilonné la tranchée pendant plus d’une demi-heure, rien a faire c’est des durs les allemands. Quand on a débarqué dans la tranchée avec notre baïonnette au fusil ils nous ont cueillis avec une mitraillette sur un pied ça a été un véritable carnage, j’étais heureusement en couverture. Je me sens lâche mais j’espère tellement te revoir mon amour.
Le lieutenant ne m’a rien dit pour ma permission. Bientôt Noël j’aimerais te faire ce cadeau.
Je t’embrasse ma douce…
René

1er décembre 1915
Ma chérie
Je deviens fou, le froid me transperce de part et d’autre de manière encore plus douloureuse que si c’était une balle allemande. Cette saleté de général nous a encore fait attaquer au moins une dizaine de fois cette semaine. Michoux est mort, c’était mon plus jeune ami d’enfance, je me rappelle encore nos vagabondages dans les champs de vignes à l’automne quand nous nous regorgions de raisin. C’était lui ma raison de vivre ici, lui avec qui je passais des nuits à discuter de toi et de sa femme, de nos futurs enfants… Je compte sur toi pour le dire en douceur à Martine, je crains qu’elle ne le supporte pas si c’est l’ordre militaire qui lui envoie une lettre « votre mari a combattu dignement pour sa nation, son âme est parmis celles des grands de ce monde ». Tu parles, pour le moment son corps est en train de pourrir dans le no man’s land. C’est affreux il est mort ce matin vers deux ou trois heures alors que l’attaque a eu lieu hier en fin d’après midi. Toute la nuit, je l’ai entendu souffrir appelé à l’aide parmis les autres voix des autres blessés autant les Allemands que les Français. La nuit est bien la période la plus difficile de la journée… Je me sens terriblement lâche de l’avoir laisser mourir en plein milieu du no man’s land sans même lui rendre sa mort moins dure… Te rends-tu compte j’ai laissé mourir mon meilleur ami !!! le lieutenant n’avait cessé de nous rabâcher « ne retourner pas sur le no man’s land, ils sont perdus, c’est foutu pour eux, vous allez vous faire tuer… ». Le pire mon ange, c’est que ce matin quand il a fallu monter à l’assaut et traverser cette maudite zone, je l’ai vu… Etalé par terre, le ventre en bouilli, les yeux fixes, le visage gelé … C’est affreux, pendant l’espace d’un instant je me suis vu moi-même mort à ses côtés avec le même regard fixe, gelé.
Je suis désolé de te redire tout ceci mais c’est notre correspondance qui m’évite de tourner fou comme les autres… Je n’ai toujours pas de nouvelles pour Noël … Je t’embrasse tendrement mon amour et notre bébé aussi …
René

11 décembre 1915
Ma chérie, je reprends du poil de la bête. Nous passons une semaine et demi à l’arrière avant de retourner au front… Les soins des infirmières, les douches que l’on peut enfin prendre me remontent un peu le moral… Nous passons nos journées en entraînements sportifs ou alors au cinéma improvisé du camp. Le lieutenant reste avec nous, c’est vraiment un bon gars. Il a fait tout ce qu’il a pu pour m’avoir une permission, mais il a échoué. Je ne pourrais pas passer Noël avec toi et notre enfant, je serais au front. On nous a promis un repas très original et chaud pour une fois.
Bien que mes espoirs de te revoir tombent en lambeau je tiens quand même le coup en pensant à mon fils que je protége en ce moment en combattant sur nos frontières. Mais je ne te cache pas que nous autres les soldats en avons marre. Des frémissements de colère traversent la tranchée quand des nouveaux ordres d’assaut arrivent… La fatigue se fait sentir…
Je pense à toi tendrement et à notre petit Charles, tous les deux vous peuplé mes rêves les plus doux…
Ton René

24 décembre 1915
Ma chère Emilie,
J’ai économisé mon papier à lettre pour pouvoir te fêter en temps convenable un très joyeux Noël, même si je pense qu’il ne le sera pas. Nous n’avons prévu aucune attaque aujourd’hui, heureusement…
Mais je t’écris quand même tôt ce matin car nous avons ici un soldat qui retourne à l’arrière voir sa femme et ses enfants aussi nous le chargons de poster nos lettres, qui éviteront ainsi la censure des bureaux administratifs… Je ne peux malheureusement pas joindre de cadeaux à cette lettre et c’est la mo,n grand désarroi… Dis je t’en prie à mon fils que je l’aime, et dis lui aussi de dire à sa mère qu’elle est et restera la seule femme de ma vie..
JOYEUX NOEL !!!!!
Ton René


25 décembre 1915
C’est impossible, tu ne me croiras jamais !!!! Cette nuit de Noël a été tout simplement extraordinaire …
Nous avons pactisé avec les boches d’en face !! Tu dois être surprise et je te comprends mais c’était le climat de Noël… Tout d’un coup le no man’s land c’est retrouver en envahit de centaines de soldats, des allemands et des français, mais contrairement à d’habitude aucune peur n’était dans les yeux de personnes… Tout à commencer par l’arrivé d’un petit chaton à notre niveau qui portait au cou, un petit papier où il était inscrit « joiieu noeele »… Le chat venait sans aucun doute de la tranchée des allemands car il n’y en a aucun dans notre tranchée… C’est fantastique nous n’avons pu que répondre « danke shon » étant donné notre étonnement… Le lieutenant a été averti, il paraissait assez pessimiste, et se demandait si ce n’était pas quelque ruse, mais à ce moment là, un lieutenant allemand est sorti de la tranchée sans se couvrir rien, le lieutenant à tout de suite ordonné de baisser les armes et il a lui aussi pénétré sur le no man’s land, les deux hommes se sont serrés la main, pendant quelques instants ils ont discuté, nous entendions l’allemand parler français… D’un seul coup ils sont revenus tous les deux, et le lieutenant nous a dit « Monter les tables, nous n’allons pas rester tous enterrés dans nos tranchées par un si beau soir de noël ». Nous avons bel et bien partager notre réveillon avec les allemand et eux l’ont partagé avec nous. Je ne peux pas te décrire ce qui se passa dans nos têtes. D’un seul coup nous nous rendions compte de l’inutilité de cette guerre. Ces « boches » étaient aussi des pauvres hommes mobilisés qui n’avaient absolument rien demandé et qui comme nous en avait plus que marre de cette guerre… Nous avions du mal à imaginer qu’après cette trêve nous allions redescendre dans nos tranchées et nous tirés dessus ! Aussi la trêve est reconduite jusqu'à demain, aucun pilonnage n’étant prévu aujourd’hui nous avons pu faire nos enterrements. Michoux a eu le rituel funèbre habituel tu pourras rassurer sa veuve. Je ne vais pas m’étendre pour ne pas risquer de retomber dans ma déprime…
Et j’en profite pour t’annoncer une bonne nouvelle : je suis en permission dans 3 jours, et pour une semaine, ce qui me laisse largement le temps de venir te rendre visite…
A très bientôt mon amour…
Ton René »

Voici la dernière lettre qu’Emilie reçue pendant l’année 1915 :

« Mme Emilie Paillas,
Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer que votre mari René Paillas est décédé des suites de ses blessures le vendredi
28 décembre 1915. Il avait participé avec force et courage à une attaque contre la tranchée adverse, son héroïsme sera honoré comme il se doit, comme tous les soldats courageux qui tombent au front.
En vous adressant nos plus profondes condoléances
Chef d’Etat major de l’armée française
Combattons tous ensemble pour la gloire de la France »

Coïyl
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Re: 14-18 le massacre

Message par Coïyl » mer. 25 janv. 2006 17:10

Un tres TRES beau texte, qui me fait extremement plaisir. D'autant que je n'ai pas bcp l'occasion de lire ici, si ça avait été mauvais j'aurais été malheureuse...
tres bien écrit.
mais la fin était trop prévisible, dommage...

nono
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Re: 14-18 le massacre

Message par nono » mer. 25 janv. 2006 17:28

:mrgreen: ui exactement coline la fin est nul
slmt g bugué
je ne savis pa koi mettre
javais peur ke si je le laissais vivant ca ne fasse pa une rupture nette et précise pr la fin
je n'aurais pa u rester sur le texte de noel
dc javais ke ce choix la
:cry:

Nightmare Theater
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Re: 14-18 le massacre

Message par Nightmare Theater » lun. 30 janv. 2006 06:48

Et ben moi, rien que pour faire chier, jle lirais demain :lol: .

Coïyl
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Re: 14-18 le massacre

Message par Coïyl » mer. 1 févr. 2006 17:09

ben alors flo t'étais sensé le lire hier...?
aucun commentaire? :lol:

Nightmare Theater
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Re: 14-18 le massacre

Message par Nightmare Theater » jeu. 2 févr. 2006 06:33

Non, pke je continbues ma révolution anarchique :P .

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